Demandez aux responsables RH et L&D quel est leur écart de compétences le plus critique : une réponse domine. Plus d’un sur deux (53%) cite la maîtrise de l’IA.
Demandez-leur ensuite à quelles priorités leurs investissements en formation sont réellement rattachés. « Combler les écarts de compétences liés à l’adoption de l’IA » arrive cinquième sur six. L’efficacité des managers et des dirigeants arrive nettement en tête, suivie de l’engagement des collaborateurs et de la conformité.
Ce décalage est au cœur de notre Baromètre Skills Intelligence 2027, réalisé avec Docebo, 365Talents et Brandon Hall Group auprès de plus de 1 000 responsables RH et L&D en Europe et en Amérique du Nord.
Le problème n’est pas le manque de données
L’explication la plus simple serait que les entreprises ne savent pas où elles en sont. Les chiffres disent autre chose.
- 96% déclarent que les exigences de compétences de chaque poste sont définies dans leur organisation.
- 93% indiquent que les données de compétences sont accessibles aux RH comme au L&D au moment de décider.
- 75% estiment leur organisation préparée à faire monter en compétences ou à reconvertir ses collaborateurs.
Les responsables RH et L&D savent nommer l’écart. Ils ont accès aux données. Ce qui manque, c’est le regard de la direction : seuls 52% estiment que leur direction a une visibilité complète sur la stratégie compétences. Résultat, l’écart cité en premier se retrouve parmi les priorités les moins soutenues par l’investissement.
Où va l’argent à la place
Deux répondants sur trois indiquent que l’investissement dans les outils d’IA a progressé au moins aussi vite que leur budget formation sur l’année écoulée. Pour 7%, le budget formation a même été réduit pour financer ces outils. Autrement dit, on finance l’outil qu’il faut apprendre à utiliser, pas l’apprentissage.
Et quand les équipes RH ou L&D demandent des effectifs supplémentaires pour combler les écarts identifiés, 47% citent comme premier obstacle un budget réorienté vers d’autres priorités, comme les outils d’IA.
93% de l’entreprise utilisait un outil d’IA, mais seulement un tiers environ des collaborateurs dépassaient le 75e percentile sur les compétences IA critiques. Une adoption large, une maîtrise superficielle. L’accompagnement est presque toujours arrivé après le déploiement de l’outil, et non avant.
Le vrai frein : tout le reste de la liste
Interrogés sur le principal obstacle à une stratégie compétences efficace, 45% des répondants citent les priorités concurrentes, loin devant l’absence d’outil adapté (25%) et la gouvernance (21%).
Pour les auteurs du baromètre, le surinvestissement dans les outils n’est qu’un symptôme. Sans stratégie compétences unifiée, rien n’oblige à arbitrer entre outils et formation avant d’engager le budget. L’écart de compétences IA n’est que le cas le plus visible aujourd’hui. Le même schéma se reproduira avec le prochain écart critique.
Ce que contient le baromètre
Skills Intelligence : le baromètre 2027, va au-delà du diagnostic :
- Quatre chapitres (fondations, investissement, implication de la direction, plan d’action), chacun assorti de recommandations concrètes.
- Une démarche en six étapes pour bâtir une stratégie compétences solide, du choix d’un sponsor au suivi de l’impact.
- Les regards de 11 praticiens, analystes et universitaires, issus notamment de Brandon Hall Group, d’Everest Group et de Merck.
- Trois retours d’expérience clients : comment Veolia maintient à jour 15 800 compétences en trois langues, comment Alstom a déployé sa démarche auprès de 55 000 collaborateurs en neuf semaines, et comment Infinite Campus a identifié 27 candidats internes pour des postes de direction difficiles à pourvoir.
- Quatre questions pour situer votre équipe dès cette semaine.
Si votre organisation connaît déjà son principal écart de compétences, reste à comprendre pourquoi les budgets ne suivent pas. Le baromètre est un bon point de départ.
